Worlds In Collision

Worlds In Collision

Fontana / 848 564 (Intl), Avril 1991

  1. Oh Catherine
  2. I Hear They Smoke The Barbecue
  3. Turpentine!
  4. Goodnite Irene
  5. Mirror Man
  6. Cry Cry Cry
  7. Worlds In Collision
  8. Life Of Riley
  9. Over The Moon
  10. Don't Look Back
  11. Playback
  12. Nobody Knows
  13. Winter In The Firelands

Bonus*

  1. Around The Fire
  2. Down By River
  3. Like A Rolling Stone
  4. Invisible Man
Textes

David Thomas : voix
Jim Jones : guitare, voix
Eric Drew Feldman : claviers, ordinateurs & synthétiseurs
Tony Maimone : basse
Scott Krauss : batterie
avec
Allen Ravenstine : synthétiseurs EML (Turpentine!, Life Of Riley, Playback, Winter In The Firelands)
Andy Redhead : percussion (Oh Catherine, Cry Cry Cry, Don't Look Back, Mirror Man, Goodnite Irene, I Hear They Smoke The Barbecue, Life Of Riley, Nobody Knows, Over The Moon, Worlds In Collision)
John Kirkpatrick : mélodéon (Cry Cry Cry, Over The Moon, Worlds In Collision)
Al Clay : voix (Don't Look Back, Goodnite Irene, Nobody Knows, Over The Moon, Worlds In Collision) Susie Honeyman : violon (Over The Moon) Gil Norton : voix (à différents endroits)

Titres signés Feldman - Jones - Krauss - Maimone - Thomas sauf Cry Cry Cry, Don't Look Back, Winter In The Firelands, Around The Fire, Down By The River, Like A Rolling Stone & Invisible Man signés Cutler - Feldman - Jones - Krauss - Maimone - Thomas.

Production : Gil Norton
Ingénieurs du son : Al Clay
Studio : Suma Studios (Paisneville/Ohio), Wessex & Livington Studios (Londres/UK)
Masterisation originale : Tim Young (CBS Studios/Londres)
Masterisation réédition: David Thomas & Paul Hamann (Suma / janvier 2007)

Graphisme original & Photos : John Thompson
Graphisme de la réédition (2007) : John Thompson

Enregistrement

Enregistrement original aux Studios Suma (Cleveland) du 18 juin au 8 juillet 1990, du 21 juillet au 18 août aux Wessex Studios (Londres), du 15 au 17 septembre et du 25 au 29 septembre 1990 aux Livingston Studios (Londres). Paul Hamann à Cleveland et Felix Kendall à Londres ont contribué à l'enregistrement.
Les titres Turpentine!, Goodnite Irene, Cry Cry Cry, Life Of Riley, Over The Moon, Playback et Nobody Knows ont été mixés par Gil Norton aux studios Church de Londres. L'ingénieur du son était Steve Chase.
I Hear They Smoke The Barbecue, Worlds In Collision et Winter In The Firelands ont été mixés par Stephen Hague aux Rak Studios et Mayfair Studios (Londres) en novembre et décembre 1990. L'ingénieur du son était Mike Drake.
Don't Look Back a été mixé par Stephen Hague aux Rak Studios le 15 décembre 1990. L'ingénieur du son était Bob Kraushaar.
Oh Catherine a été mixé par Dave Bascombe aux Townhouse Studios (Londres) les 7 et 8 décembre 1990.
Enfin, Mirror Man a été mixé par Mike Drake aux Mayfair Studios le 29 novembre 1990.

Notes sur les bonus :
Around The Fire, Down By The River, Like A Rolling Stone et Invisible Man ont été enregistrés en 1989 à Suma par Paul Hamann et mixés les 20 et 21 septembre 1990 aux Mayfair Studios par Steve Chase. Ce sont des démos de titres destinés à l'album qui devait suivre Cloudland, album que le groupe appelle The Lost Album. Ils sont parus en 1991 sur les simples I Hear They Smoke The Barbecue et Oh Catherine.

Editions

Label Référence Pays Date Commentaires
Fontana/Phonogram 848 564-1 Intl Avril 1991 lp
Fontana/Phonogram 848 564-4 Intl Avril 1991 mc
Fontana/Phonogram 848 564-2 Intl Avril 1991 cd
Fontana/Polygram 848 564-1 US Avril 1991 lp Existe-t'il ?
Fontana/Polygram 848 564-4 US Avril 1991 mc
Fontana/Polygram 848 564-2 US Avril 1991 cd
Fontana/Phonogram PHCR-1091 Japon Avril 1991 cd
Mercury/Universal 9846173 Intl 16/04/2007 cd *
cover original Worlds In Collision

Pochette originale (1991)

cd UK Worlds In Collision

cd, Fontana, UK (1991)

K7 UK Worlds In Collision

mc, UK (1991)

cd US Worlds In Collision

cd, Fontana / Polygram, US (1991)

Les éditions originales américaines et européennes ont quelques différences graphiques, essentiellement logos et positionnement de la référence. L'impression des textes et sur fond gris dans le livret du cd US et sur fond violet clair dans l'édition européenne. Le cd US est imprimé jaune, le cd européen a la couleur bleue "Fontana" classique.

Aux Etats-Unis, Polygram a édité une version promotionnelle en double-cd où l'album est associé au simple-cd promo du même nom.

Les notes du livret de la réédition Mercury sont signées David Stubbs

Chroniques

Rock & Folk 286 Pere Ubu est un groupe incroyable. Si l'on observe son cheminement depuis le début (75), il a été en même temps un groupe punk ("Final Solution"), garage (les budgets ridicules), expérimental ("The Modern Dance"), pop ("Cloudland"), culte (les reprises) et... unique !
Pere Ubu, emmené par l'énorme David Thomas, a fait ses premiers concerts en compagnie des Dead Boys, annonçant les premiers hoquets de la punkitude américaine. A New-York, les Ramones, Patti Smith et les autres faisaient de même. Ce qui est inimaginable, c'est de constater à quel point Pere Ubu a pu inspirer de groupes, de Joy Division aux Pixies, That Petrol Emotion, Died Pretty ou Peter Murphy ont repris les grandioses "Final Solution" ou "Non Aligment Pact". En revanche, il est impossible de sonner comme le Pere Ubu, parce qu'il fait partie de la liste des groupes inimitables. Puis on est resté longtemps sans nouvelles du gang... Un nouveau disque est sorti, puis un autre : une nouvelle formation reprenait le chemin des studios pour envahir les bacs. "Cloudland", avant-dernier LP, se voulait plus académique que par le passé. Beaucoup plus sage que ce "Worlds In Collision" qui, relativement pop, renoue avec le Pere Ubu des débuts. Un album où la simplicité pop côtoie l'expérimentation avant-gardiste, où le rock'n'roll basique fricote avec des plages très atmosphériques sans jamais céder au progressisme. C'est un groupe de rock qui agit comme s'il avait oublié le blues et pourtant, "Disraeli Gears" de Cream a été l'une des premières galettes achetées par le chanteur... Un paradoxe, je vous dis que ce groupe est un paradoxe. Incontournable.
David Richard, Rock & Folk, n° 286, Juin 1991

Best 275 Au moment où Richard Hell sort un nouveau simple avec les Voidoids, où Television menace sérieusement de se reformer, Pere Ubu débarque avec un nouveau disque. La vague américaine de 1976 semble ne pas avoir dit son dernier mot, elle qui a pourtant depuis longtemps commencé à compter ses morts et ses disparus. Pere Ubu en sait quelque chose, souvenons-nous de Peter Laughner, guitariste des débuts, auteur de "Life Stinks" sur le premier album et mort peu de temps après.
Découvrir un nouvel album de Pere Ubu aujourd'hui a quelque chose d'incongru, on se souvient encore de la bande de fous furieux qui reprenaient "Pushin' Too Hard" et citaient à qui voulait les entendre, Soupault ou Jarry, on a maintenant à faire à un groupe évidemment moins dévastateur faisant preuve d'une assurance, d'une cohésion et de suffisamment d'imagination pour donner à chaque titre une identité propre sans que l'ensemble ne donne une impression d'incohérence, alors que l'on passe d'une chanson pop à une dérive presque beefheartienne, d'une bluette volontairement stupide à un morceau hanté, de la lumière à l'obscurité. Mais si la forme est dorénavant plus classique, elle n'arrive pas à cacher totalement une folie encore bien proche.
Jacques Vincent, Best, n°275, Juin 1991

Selection rock Fichue coïncidence. Juste au moment où les Pixies ébouillantent à chaux vive nos sens critiques, raffermissent nos envies et décuplent tout – voici le nouvel album de Pere ubu, ces pré-Pixies de Cleveland. Groupe dont on a dit qu’il été à Devo ce que Arnold Schoenborg fut à Irving Berlin (faut rigoler là ?) et mené par David Thomas, vieux sosie physique et artistique de Black Francis. Comme ce nouvel album est en plus produit par Gil Norton -le cinquième Pixies-, l'injuste comparaison s'impose. Injuste, car aujourd'hui un peu rangé des voitures, Pere Ubu ne joue plus guère sur le terrain cabossé de la maboulerie et de l'art-rock concassé, mais sonne plutôt complaisamment comme un vieux Talking Heads de 78 : More Songs About Building And Food ou Fear Of Music. Esprit de 77, es-tu là? Cogne trois fois pour oui, et une fois pour non ... Toc! Toc! ... Merci, vieux, de ta précision.
Arnaud Viviant, Libération, 21 Mai 1991

Another View 5 A bien des égards, Pere Ubu est le groupe de rock parfait, celui qui surprend toujours sans jamais décevoir. Jamais complètement post/avant-gardiste ou néo-quelque chose - autant d'étiquettes musicosociologiques dont on se contrefiche ici -, il surfe sur tous les styles depuis belle lurette sans jamais se choisir une vague bien précise, trop habile pour se laisser coincer dans un quelconque clivage. Comment dès lors ne pas se délecter de chaque apparition d'un groupe à l'enthousiasme exponentiel ? Jamais lassée, la bande de Cleveland garde des allures de jeunes rockers dopés à la potion magique, emmenés par un Fat Big David qui, à l'instar du cousin Obélix, serait tombé dedans. Une fois encore, les Yankees hors-normes se moquent des conventions, alignant côte à côte grandiloquence - Cry, Cry, Cry - et inhibition - Oh Catherine -, refrains aisés - I Hear They Smoke The Barbecue - et mélodies tarabiscotées. Rien ici ne se veut réfléchi, organisé, classé. Tout doit être spontané et neuf, à la manière d'un disque punk dont on aurait ponctionné la fureur. Et c'est là que réside la force des albums de Pere Ubu, dans cette facilité à piocher dans l'immense caisse à outils du rock'n'roll pour n'en prélever que l'instrument adapté : une clé anglaise ou bien un tournevis pour enfoncer un peu plus la - le ? - vis de leur musique. Grands orfèvres de la mécanique pop, les doux dingues de Pere Ubu se sont constitués en quinze ans une belle collection d'albums chromés comme des Cadillac. Il ne manque plus que l'étincelle pour faire rouler tout ça.
Emmanuel Tellier, Les Inrockuptibles, n°29, Mai 1991

Inrockuptibles 29 David Thomas avait parlé du précédent album de Pere Ubu - "Cloudland" - en utilisant l'image d'un verre qui, après avoir été examiné sous les angles les plus tordus, serait enfin regardé de face, simplement et sans détours. C'était la définition du groupe pour le mot "pop". Mais, habitué aux infimes détails, l'équipe de David Thomas a visiblement oublié une myopie maladive et ébauché un album aux contours flous, simpliste à l'excès. C'est avec une nouvelle paire de verres correcteurs qu'ils ont croqué "Worlds In Collision", heureux mariage des égarements "artistiques" de "The Tenement Year" et de "Cloudland". Il a le mérite de ne garder que le meilleur des deux : la richesse du premier, mais allégée par la calvacade enjouée du second. Des chansons comme "Worlds In Collision" ou "I Hear They Smoke The Barbecue", tout en se précipitant sans retenue dans l'oreille de l'auditeur lambda, s'agrippent et tournicotent au son d'un accordéon par-ci ou d'un violon par-là. Et à l'inverse, les vieilles bizarreries retrouvées, à la "Turpentine", ont toutes un air de fête, comme si elles avaient été dépoussiérées pour l'occasion. "Worlds In Collision" ce serait comme de vieux forains qui utiliseraient des trapèzes en fibre de verre, plutôt que le chapiteau neuf de "Cloudland". Une bande de doux dingues qui en auraient eu assez d'être bien élevés et auraient décidé de ressortir leur entonnoir démodé. une clique qui aurait eu mieux à faire que de trouver des métaphores en verre à moutarde ...
Alexandre Lejard, Another View, n°5, Avril/Mai 1991

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