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« C'est lui, c'est lui ... le voilà ! »

Qui est le coupable ? Tom ou Keith ?
Difficile de me prononcer. Je doute, je me pose encore des questions à leur sujet. Qu'en est-il exactement ?

Tom a laissé tomber le gang il y a maintenant quelques temps mais cela ne prouve en rien son innocence. Il est trop impliqué dans l'affaire, depuis trop longtemps et a différents moments.
Keith, plus récent, a rapidement fait sa place. Il aurait pu frapper n'importe où, n'importe quand. Il l'a déjà prouvé.

Les autres sont innocents, c'est maintenant sûr. Michele était à New York à l'époque des faits. Elle n'avait pas mis les pieds dans la ville depuis le printemps dernier. L'alibi était inattaquable. Aucun soupçon n'avait pesé sur Robert, l'homme le plus charmant sur cette terre, toujours souriant. Et puis, un agent d'entretien de l'hôpital où il travaillait l'avait vu, un fer à souder à la main, dans son atelier, occupé à réparer une nouvelle fois un de ses foutus brancards que l'administration se refusait à remplacer. David ? Non, improbable, impossible ... non, pas lui, pas lui ! Restait Steve. Il m'avait tout d'abord intrigué. Dans les premiers temps de l'enquête, je l'avais même cru coupable. A s'agiter sans arrêt, les bras en éternels mouvements, le dos courbé, il semblait prêt à frapper en permanence quelque chose ou quelqu'un. C'est l'impression qu'il donnait en tout cas. Et puis cet air d'éternel adolescent ... je ne pouvais que me poser des questions. Tout était soupçon chez lui ! Mais une jeune fille de bonne famille l'avait rapidement innocenté. Vous vous imaginez sans doute ce qu'ils faisaient ensemble ! Elle en était encore toute émue. C'est vrai qu'elle était jolie. La beauté de son visage n'était même pas troublée par un discret oeil de verre.

Mais rien, rien pour Tom ou Keith. Ils étaient tout deux incapables d'avancer le moindre alibi.

Le dossier était étalé devant moi, sur mon bureau. Je tournais et retournais les documents. Je regardais et réexaminais les photos. Je lisais et relisais les deux témoignages dont je disposais. La victime, Mona, une vieille femme plus très alerte, et le seul témoin, Caroleen, une fille de la ville, n'avaient pas vu grand chose en fait. Mais, elles avaient une certitude : le coupable portait une paire de lunettes. C'était plutôt maigre ! Je tournais et retournais ces lunettes cassées entre mes mains. Elles ne voulaient rien me dire, elles restaient silencieuses.

Ce jour là, ou plutôt ce soir là, le temps était exécrable. Il avait neigé sans arrêt depuis deux jours sur la ville. La nuit était froide, la rue déserte. Seule une vielle dame avançait péniblement sur le trottoir glissant. Elle se demandait encore ce qu'il lui avait pris de sortir par ce temps. La gourmandise ! Elle avait voulu absolument accompagner sa solitude de cette excellente baguette de pain qu'on trouvait à la seule boulangerie française de Cleveland. Mais la boulangerie était fermée, c'était lundi, elle l'avait oublié. Elle se maudissait mais il fallait rentrer maintenant. Elle passa devant le bar, pratiquement vide. Seules deux filles étaient accoudées au comptoir. « Deux filles, un bar, peuvent toujours attendre leur Bukowski, sortira pas ce soir » pensa-t-elle. Quel silence dans cette rue, Prospect Avenue. Mona n'entendit pas le bruit de la course d'un individu s'avançant vers elle. Il la heurta de front et la projeta au sol. Il réussit à se maintenir debout mais perdit dans le choc ses lunettes. Affolé, surpris, il reprit sa course. Caroleen, alertée par les cris de Mona, sortait du bar quand il passa devant elle. Elle se dirigea aussitôt vers la vieille dame afin de l'aider à se relever. Elle était tout près d'elle quand son pied gauche écrasa la paire de lunettes. « Merde ! » s'écria-t-elle. « Tant mieux, l'emportera pas au paradis, cet abruti » lui répondit Mona.

Caroleen m'appela le lendemain matin. Elle me raconta toute l'histoire et me demanda si je pouvais retrouver l'individu, homme ou femme. Elle avait trouvé son comportement plutôt bizarre. Pourquoi ne pas s'arrêter et aider la vieille dame à se relever ? Elle ressentait une drôle d'impression. Je connaissais Caroleen depuis pas mal d'années et je faisais confiance à son instinct. Il m'avait déjà été utile par le passé. Et puis, en tant que détective privé, actuellement ... privé ... d'affaire, pourquoi pas ?

Il ne me fut pas difficile de centrer mes recherches sur le gang de Prospect Avenue. Un ancien membre, Tony, m'avait expliqué un jour qu'à la nuit tombée, la bande prenait possession de ce quartier situé près de la Cuyahoga River.

J'en étais donc là dans mes réflexions. Il me restait deux suspects. Et une paire de lunettes cassées. Que je manipulais en examinant une nouvelle fois les photos ... une photo ... LA photo.

Pere Ubu Chrysalis
Photo : dossier de presse Chrysalis (cliquez !)

Tout d'un coup, je m'écriais : « c'est lui, c'est lui, Tom Herman, c'est lui le coupable ! ». Comment une telle évidence avait-elle pu m'échapper ?

Il ne souriait pas sur cette vieille photo, contrairement aux autres membres du gang, ancienne version. Il me regardait, me fixait. Il me narguait. Sa fine moustache ne masquait pas son air taciturne. Et son nez était chaussé d'une paire de lunettes à verres immenses, un peu ridicule, en tout point semblable à celle que je manipulais !

C’est lui le coupable ! J'en étais maintenant persuadé.
Oui, c’est bien lui, c’est Tom. C’est lui, c’est lui … le voilà !
Jimmy Jazz (Février 2008)

Texte proposé à la revue Minimum Rock'N'Roll pour son n°5 Binocles, oeils de biche & verres fumés, rock & lunettes. Resté inédit ...

Pere Ubu à Villejuif (94), Festival Sons d'Hiver, 15 février 2008

Le vendredi 15 février 2008, Pere Ubu s'est produit à Villejuif (Théatre Romain Rolland). Le groupe était invité dans le cadre du Festival Sons d'Hiver et la salle affichait complet.
Le groupe instrumental australien Dirty Hands a assuré une première partie particulièrement décapante.
Organisation parfaite de la part de l'équipe des Sons d'Hiver, remerciée par David pendant le concert, soulignant un fait exceptionnel d'après lui en France.

C'était le premier concert de cette tournée européenne. Robert Wheeler en a profité pour étrenner son nouveau Theremin, le précédent, "fait à la maison", n'ayant pas supporté un transport aérien.
Trois titres destinés à "Bring Me The Head", encore en construction et en l'état instrumentaux, ont été joués pendant la balance de l'après-midi. Les autres morceaux joués pendant ce sound-check ont été "Caroleen", "Babylonian Warehouses" et, surprise, "Goodnite Irene" et "Nevada", issus de la période Fontana et pas joués live par le groupe depuis 15 ans.

De l'effet de l'interdiction de fumer dans les lieux publics ou quand le chanteur, n'en pouvant plus, abandonne son groupe en plein concert pour aller s'en griller une dans la rue ! Cela nous a valu une belle intro à "Sonic Reducer" et une version dantesque de "Street Waves" en fin de concert.

En conclusion, un superbe concert dans une excellente ambiance, un David Thomas en grande forme, cabotinant et plaisantant à tout va, finissant par s'écrouler sur scène et par demander aux membres du groupe s'ils l'aimaient !
Charlie Dontsurf (Février 2008)

Merci à Sue, Alex & Christophe et tout spécialement, parmi l'équipe des Sons d'Hiver, à Leda pour son accueil chaleureux malgré la fatigue et Denis, pour les pass.

David Thomas
David Thomas pendant le sound-check
Photo : Alex Horn

Set List :

Brian, David, le Surf et les Beach Boys

Pere Ubu surfe à Ravena

David Thomas, Grand Maître Chanteur de Pere Ubu, entre autres activités, est un fan avéré et éclairé de Brian Wilson. Il aime déclarer qu’en dehors de la Californie, l’Ohio, d’où est originaire Pere Ubu, est l’état américain où les disques des Beach Boys se sont le plus vendus.

David et ses amis ubiens pratiquaient d’ailleurs dans leur jeunesse et dans leur bonne ville de Cleveland, le surf. Oh, un surf particulier bien évidemment puisque, du moins jusqu’à aujourd’hui, les vagues déferlantes du pacifique n’ont pas encore atteint la rive clevandienne. Cette version de ce sport se pratiquait sur les freeways de la ville industrielle et consistait à, pied au plancher, se rabattre très rapidement et le plus tardivement possible, de la cinquième ou sixième voie intérieure vers une sortie de l’autoroute urbaine. Demandez à Philippe Garnier, 30 ans après, il s’en souvient encore !

Mais parlons musique. Celle de Brian Wilson et des Beach Boys a croisé plusieurs fois la carrière de David Thomas, en compagnie ou non, de Pere Ubu. Sur l’album du groupe paru en 1995 et intitulé « Raygun Suitcase », un titre est intitulé « Beach Boys ». il parle de tout sauf de nos californiens préférés ! Sur le même disque figure une reprise … décalée de « Surfer Girl » qui a décoiffé plus d’un amateur de Brian Wilson. Il faut dire qu’une guitare acoustique « déglinguée » et la voix particulière de David Thomas peuvent surprendre. Pour le moins.

Plus probante est la reprise de « Surf’s Up » sur l’album du même nom (2001) de David Thomas and The Two Pale Boys. Inspirée des bootlegs du mythique album disparu « Smile », elle est finalement assez respectueuse de l’œuvre wilsonnienne malgré une instrumentation originale ; guitare électrique (Keith Molinié) et trompette traitée par électronique (Andy Diagram) accompagnant la voix si surprenante de David Thomas.

S’il est une interprétation qu’il ne faut pas rater, c’est celle en public de (encore) « Surfer Girl » par les trois mêmes hommes. On la trouve sur un cd bonus de la première édition du coffret anthologique de l’œuvre solo pré-nineties de David Thomas appelé « Monster », ou mieux encore, on la découvre en assistant à un concert du groupe. Il faut entendre David appeler sa Little Surfer Girl ou encore Andy Diagram tenir le rôle des chœurs avec sa trompette … merveille !

Mais le summum du plaisir ne serait-il pas pour le fan de Brian Wilson ET de David Thomas, espèce rare, le dvd « Smile » du premier nommé ? Qu’y voit on ? Là, disque 1, les bonus, l’interview après concert de Paul Mertens, un des musiciens de Brian, quel est cet homme, portant barbe, un grand manteau noir et un beau chapeau, passant juste derrière l’interviewé ? Oui, quel est cet homme ? … Oui, c’est lui, c’est bien lui, Mister David Thomas himself !
Charlie Dontsurf (Décembre 2007)

DT & 2 Pale Boys

Texte initialement paru dans le web-fanzine In My Room (n°9 - Hiver 2007/2008), feuille d'information consacrée à Brian Wilson et aux Beach Boys.

Lait de ferme ... Pere Ubu à la Laiterie, Strasbourg, France, 14 octobre 2006

La scène se déroule à La Laiterie, salle strasbourgeoise. L'accueil est revêche comme à l'accoutumée avec le vigile-butor, hôte peu engageant! Le public bigarré et peu fourni se presse autour du bar où un gobelet de 12 cl de la petite bière H*in*k*n se vend 2 Euro 50 ! Stupéfaction !

Les hostilités commencent avec les imposteurs anodins "Frigo". Un set sans coeur, sans âme, sans entrailles avec deux astuces stylistiques. Le vain paraître achevé dans toute sa complétude avec musique congelée. Pas de quoi fouetter un chat avant que ces imbéciles partenaires et particuliers chansonnés et tancés d'importance la veille par David Thomas ne dégueulent Pere Ubu ! Là, faudrait la machine à mornifles ! Pas moins ! Fin de la purge ! Applaudissements mols - clap et clap! Pas de revenez-y !
Entr'acte !

Pere Ubu enfin ! Un martèlement-maelström (Steve Mehlman) à déchausser la mâchoire compliqué d'une basse (Michele Temple) qui brondit, qui terrorise, qui emporte le morceau ; une puissance de feu telle qu'elle panique les pleutres ... . Y'a pas ! Nous avons là l'infrastructure du meilleur groupe de rock du monde ! Il serait temps que cela se sache !

Y'a pas ! Nous avons là l'infrastructure du meilleur groupe de rock du monde ! Il serait temps que cela se sache !

Quant à la superstructure, elle ne déroge en rien noblesse ! Les machines de Robert Wheeler gosillent le barouf de l'usine et la guitare de Keith Moliné égrène ses arpèges sub-lunaires !
David Thomas (Colossal, Matois, Goguenard, HUMAIN) chante chagrins et fols espoirs comme personne avant lui ! Un tel bonheur d'expression irritera toujours les envieux ! Nous avons sans déni possible en la Femme et les Hommes énergiques de Pere Ubu nos Elvis Presley !

David Thomas absorbe jatte de bière sur Cognac sur jatte de bière sans que cela ne lui joue des tours! Il darde son index, les yeux mi-clos et toise pince-sans-rire de sa très haute stature la frêle Michele Temple auréolée d'un halo de cheveux blonds. Il taquine volontiers Robert Wheeler. Campé fermement sur ses positions et sur sa chaise entre deux grands airs, il scrute placide le public pendant qu'à l'entour, Pere Ubu relate la fin du monde en un tintamarresque hourvari harmonieux / disharmonieux !

David Thomas à Strasbourg

Nous avons eu droit à la quasi-intégralité du dernier album (le seul disque qu'il est nécessaire d'acheter en 2006), entre deux déflagrations (Folly of Youth), quelque accalmie avec Perfume et des versions Dynamites Pur Propergol de "Non Alignment Pact" et "Street Waves", une visitation de "Final Solution" presque enjouée, enfin à mon sens !
Notons que Pere Ubu est comme surmultiplié sur scène, bien meilleur que sur disque ! Le fait est suffisamment rare pour être surligné ! A la fin après des applaudissements nourris et fervents, David Thomas vend en bord de scène le dernier Pere Ubu et son Remix.
Je n'ai pas osé le saluer, encor'ébaubi ! C'est que je tiens cet homme pour un génie incontestable, et que ça m'impressionne !
Philippe Incohérent (Octobre 2006)

Set List :

Rien ne va plus ... Pere Ubu au Nouveau Casino, Paris, France, 13 octobre 2006

Le Nouveau Casino est un club un peu glauque tenu par des limonadiers de la rue Oberkampf. J'y arrive un peu avant 5 heures. Sans nous être vraiment donnés rendez-vous, je tombe tout de suite sur Alex, éminent membre de la liste de discussion française " ubudance ". Nous faisons connaissance autour d'une bière. Sur place depuis une petite heure, Alex a vu le groupe arriver, entrer son matériel dans la salle puis bizarrement ressortir avec ! Vers six heures, j'aperçois Keith Moliné et Dids, l'homme du son, qui entrent dans le bar et je les salue. Je demande à Keith s'il peut vérifier que je figure bien sur la guest-list. Je n'ai pas de billet ce soir ! Il me dit qu'il n'y a pas de problème mais ajoute un peu inquiet qu'il ne sait pas si le groupe va jouer. Stupeur et début de tremblements chez Alex et moi. Il semble que le groupe rencontre pas mal de problèmes techniques. Le reste du groupe s'installe au fond du bar. Alors que j'approche de leur table, David Thomas répond à une question d'un énorme "because they are fucking french people". L'ambiance semble bonne ! Je salue tout le monde, embrasse Michele Temple et retourne prudemment à ma table.

Robert Wheeler à Paris

Echec de deux tour-managers amateurs.
Quelques instants plus tard, Michele s'approche et nous demande si nous pouvons les aider. L'organisateur n'a pas prévu de stationnement pour le van du groupe, un beau Mercedes, 2,6 m de haut pour environ 9 de long !
Alex et moi nous lançons alors dans cette folle quête : un parking pouvant accueillir un tel véhicule, dans cette partie du 10ème arrondissement aux rues parfois étroites. Pour le moment, le camion est en double file dans la rue. Mission impossible ? Impossible n'est pas français ? Si. Nous échouerons, lamentablement, après près de deux heures de recherche. Les parkings du quartier ne sont pas adaptés ou leurs responsables ne font pas preuve de bonne volonté.

David Thomas à Paris

Je rejoins le groupe qui discute dans la rue. Alex est déjà avec eux. Il avait trouvé une solution dans un parking privé mais la mine patibulaire du gardien n'a pas rassuré les musiciens. Il me reste une dernière piste pour ce foutu parking, à quelques rues de là. Michele, tout en nous remerciant, me dit de laisser tomber : finalement, Steve Melhman passera la nuit dans la camionnette avec le matériel. Tout au long de nos discussions, nous apprenons que les relations sont très tendus avec l'organisateur français qui n'a pas respecté tous ses engagements. Le groupe n'a pas pu faire de sound-check. Frigo, le groupe français de première partie, occupait la scène à l'arrivée de Pere Ubu et visiblement n'a pas voulu laissé la place.

Frigo : au congélateur !
A 20 heures passées, nous entrons dans le club en compagnie de Keith, Robert Wheeler et Dids. Frigo, groupe congelé, nous assourdit avec une musique sans aucun intérêt sortie des profondeurs de la Cold-Wave des eighties. Nous battons en retraite ! Un peu avant 21 heures, la salle est pleine. Les musiciens de Pere Ubu montent sur scène pour installer leur matériel. Fait inhabituel, David Thomas les rejoint et vérifie si ses micros sont en bon état de marche. Après quelques instants, il s'adresse au public pour dire que le groupe va devoir faire un rapide sound-check puisqu'il n'en a pas eu l'occasion avant. Le groupe enchaîne sur un Folly Of Youth de quelques secondes puis repart dans les coulisses.

Michele Temple à Paris

"Women, listen women, one day, I will be your man ..."
Les lumières s'éteignent, le groupe monte sur scène, le public manifeste, déjà. Après le premier titre, "Slow Walking Daddy", David se met à hurler en sautant en l'air et à insulter les "fucking Frigo", ce "fucking french band"; "bien plus important que Pere Ubu", c'est bien connu, en se demandant depuis quand les "support-band" empêchaient le groupe principal de faire un "fucking sound-check". Il demande au public de ne jamais acheter un " fucking record " de ces " fucking Frigo ". La foule s’engage ... . Ambiance … .

Keith Moliné à Paris

Toute la tension accumulée au long de l'après-midi explose et sert de carburant au groupe pour ce que je peux considérer comme mon meilleur concert de Pere Ubu. La puissance montera d'un cran à chaque titre. "Caroleen" suit "Babylonian Warehouses". Les titres du nouvel album ont une place de choix sur la set-list. "Flames Over Nebraska" est proprement ahurissant. Des chansons plus anciennes, "Folly Of Youth", "Modern Dance" ou encore la merveilleuse "Sad.txt" alternent avec les "Love Song", magique, "Mona", "Stolen Cadillac" et "Two Girls (One Bar)". David est en excellente forme, cabotine encore et toujours, grimace, sourit. Il commente avec plein d'humour le titre à venir. Robert Wheeler saute et danse tout en sortant à l'aide de grands gestes de son "homemade" Theremin des sons hallucinants. Steve Mehlman frappe, frappe et cogne encore ses fûts. Batteur magique ! La basse de Michele ronfle et gronde. Michele, véritable chef d'orchestre, surveille tout et garde un œil sur David. Keith semble impassible tout en maltraitant sa guitare. La salle hurle ! "Weelhouse". Fin. Le groupe quitte la scène.

Encore !
Michele Temple remonte sur scène, empoigne sa basse et les premières notes de " Dark " surgissent. Elle est rejointe par David et nous assistons à un superbe duo voix et basse. Le reste du groupe les rejoint pour une merveilleuse version du titre. Le groupe enchaîne alors avec " Final Solution ". Les plus jeunes des spectateurs pogotent, d’autant plus que le " Sonic Reducer " vrombit ! Puis une dantesque version de " Street Waves ", au milieu de laquelle David s’en prend à nouveau à Frigo, vient conclure l’affaire. David toujours souriant, s’assoit, vend à la pelle ses disques et répond favorablement à toutes les sollicitations. Quelques spectateurs ont du mal à quitter la salle. Robert Wheeler vient gentiment me taper dans le dos en sautillant de joie, " I’m so glad " me déclare-t-il ! Michele nous paie une bière. Avant de partir, chacun des musiciens nous salue et nous remercie encore et encore pour nos vains efforts de l’après-midi ... mais non, c’est NOUS qui vous remercions !
Charlie Dontsurf (octobre 2006).

Steve Mehlman à Paris

Set List :

Photos : Alexandre Horn

"Why I Hate Women", le nouvel album est enfin sorti !

Why I Hate Women

Pourquoi j'aime ce disque !
30 ans de carrière, 13ème album studio. Il est indéniable qu'avec ce nouveau disque Pere Ubu continue d'avancer. Aller de l'avant était un des principes fondateurs du groupe en 1975 et il est toujours appliqué aujourd'hui. Vous êtes littéralement pris à la gorge, abasourdis, dès les premières notes du disque. Le trio synthé/basse/batterie vous saute en pleine figure dès Two Girls (One Bar). Il ne vous lâchera plus jusqu’à Texas Overture. Pas un temps mort, une présence énorme. La guitare de Keith Moliné s’impose à vous après, efficacement. Du riff étincelant de Caroleen, à la Rocket From The Tombs, au phrasé luxuriant de Mona. Faut-il parler de David Thomas ? Est-ce nécessaire ? Cette voix … sur des textes qui parlent d’amour, qui parlent de relation avec les femmes …. David Thomas écrit les plus belles chansons d’amour du monde et il est temps que cela se sache ! Que puis-je ajouter ? Qu’il n’ y a aucun titre faible, que j’ai un petit penchant pour Love Song et Flames Over Nebraska, une véritable chanson populaire, mais que, demain, je pourrais citer Two Girls (One Bar), Stolen Cadillac ou encore Blue Velvet et qu’il ne vaut mieux pas parler d’après-demain.

Comprenez-moi bien, je suis un fan basique, je ne trouve aucun album du groupe mauvais, même si, en faisant un effort, je pourrais lâcher un nom sorti de la période Fontana, mais nous avons affaire là à un disque remarquable, époustouflant, extraordinaire ! Assurément le meilleur de l’ère dite moderne, probablement l’un des trois meilleurs du groupe. Merveilleux ! A jouer fort !
Charlie Dontsurf (1er octobre 2006).

L'enregistrement de ce nouvel album s'est terminé le 6 février 2006. Le titre de travail du projet était "Electricity". On trouve parmi les collaborateurs invités Rodolphe Burger, Jack Kidney, Robert Kidney et Andy Diagram. Michele Temple participe au "lead vocal" sur un titre, "My Boyfriend's Back".
Les morceaux sont : Two Girls (One Bar), Babylonian Warehouses, Blue Velvet, Caroleen, Flames Over Nebraska, Love Song, Mona, My Boyfriend's Back, Stolen Cadillac, Synth Farm, et Texas Overture.

Le titre "Why I Hate Women" est basé sur le nom d'un roman que Jim Thomson n'a jamais écrit mais ... qu'il aurait pu.

Très belle chronique dans Rock & Folk d'octobre (n°470) signée Gilles Garrigos ... "Joyau noir et incandescent et sans contexte un sommet de l'oeuvre ubuesque. Une merveille."
La presse européenne ou américaine n'est pas en reste.
Uncut (GB, n°113, octobre 2006) : "(un disque) qui se range à côté de leurs premiers chefs d'oeuvre".
Musikexpress (All, octobre 2006) : "Babylonian Warehouses est la meilleure chanson de Pere Ubu".
Orange County Weekly (USA, septembre 2006) : "Ce disque est une chevauchée frissonante d'un bar où "the beer don't work on me" jusqu'aux grands restaurants familiaux du Texas ... Mes compagnons Américains, réveillez-vous et réclamez votre véritable héritage !".

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